article écrit par Patricia Marion

LE DÉVELOPPEMENT DURABLE :

UNE IDÉE QUI PROGRESSE

 

 quilt de récup fait par Odile - uniquement avec des petits bouts qu'elle a assemblé - il est splendide !

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Le patchwork n’a pas attendu la  déferlante du discours écologique pour surfer sur la vague du recyclage, puisque littéralement le mot « patchwork » signifie « le travail de pièces », comprenez l’assemblage (plus ou moins hétéroclite) de chutes de tissus entre elles.

 

Une technique qui voyage, une nécessité économique qui s’impose

 

Importé par les Croisés d’Egypte vers l’Europe, c’est l’Angleterre géorgienne qui a popularisé le patchwork, au 18e siècle, à un moment où les échanges maritimes avec les lointaines colonies (Inde, Asie du Sud Est) alimentaient les échoppes de soies, brocards et cotons, de manière plus régulière.

 

L’immigration des premiers colons du 19e siècle, aux Etats Unis, a propagé la technique outre Atlantique, en étant notamment adopté par la communauté amish,le principe de récupération des étoffes s’adaptant particulièrement à leur éthique morale et religieuse. La crise de 1929 a ré-ancré le phénomène dans les classes ouvrières et agricoles.

 

C’est donc d’abord pour répondre à la difficulté des échanges (rareté et chèreté des tissus) ainsi qu’à des restrictions économiques, que la nécessité du réemploi des étoffes s’est propagée, en Occident, l’impératif de donner une seconde vie aux tissus trouvant ainsi sa finalité.

                      

Pour ce faire et comme les couches populaires étaient les plus visées, les tissus devaient associer des critères spécifiques de prix, de maniabilité sous l’aiguille, de solidité et d’éclectisme des tonalités : le choix du coton s’est imposé comme leader.

 

Les 3 W :  patchwork-power-flower

 

De fait, le patchwork a longtemps souffert d’une image négative auprès du grand public, considéré généralement comme du « rapiéçage » de poulbots.

 

L’avènement des fibres synthétiques d’après guerre (moins chères et tellement plus modernes !) aurait pu sonner son glas si ce n’était la détermination de quelques aficionadas de la tradition anglo-américaine, mais surtout l’émergence du mouvement hippie qui ont dépoussiéré cette image paupérisante et « has been ».

 

Le patchwork comme relai culturel du mouvement contestataire des années 70, prônant le retour à l’authenticité et dénonçant le consumérisme-Kleenex : qui l’eût cru ? Et pourtant…

 

Culture éco-citoyenne

 

Notre tout jeune 21e siècle quant à lui, moins idéaliste et plus pragmatique, se veut citoyen et responsable : faire du neuf avec du vieux, employer le système D, respecter l’environnement : oui, mais tout en revendiquant un esprit chic et créatif.

 

Refusant les diktats, raccourcis et autres grands écarts inconfortables, les nouvelles générations de patcheuses s’inscrivent aujourd’hui dans une synthèse historique, économique, culturelle  et artistique, s’offrant le luxe du choix des matières (tissus neufs et/ou de récupération), des motifs et des techniques innovantes, réinterprétant sans cesse les traditions et les alliant à une vision novatrice des impératifs sociétaux.

 

Le futur est en marche sur la planète Patchwork !